Etudes : langue et littérature

 

Mon chemin

par Thomas Vinau,


Histoire nécessairement incomplète de ma littérature
Du dévoilement de ce qui n’est pas dévoilable... Les sciences humaines se proposent d’aller chercher derrière les apparences, derrière les préjugés, les illusions, pour atteindre une certaine vérité de la réalité humaine. La littérature se propose plutôt d’aller creuser derrière la réalité de la vérité pour atteindre la vérité de la réalité. Elle prend en compte la véracité des apparences, des préjugés, des illusions, des (...)
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Ecrire le cri : entretien avec Alain Marc

par Andy Verol,


-  Andy Verol : Pourriez-vous faire état de votre parcours d’écrivain, et peut-être, si vous l’acceptez, expliquer vos choix particuliers, cette préférence manifeste pour l’écriture contestataire ?
Alain Marc : L’écriture est née chez moi d’une nécessité de dire : il fallait que je prenne mon stylo, et que je dise. Pour aller vite, venant d’un monde hors du milieu - et de la connaissance, du paraître et des us et coutumes - littéraire, j’ai bien vite rencontré la censure. Censure la plus (...)
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De la conversation : Mercier et Camier

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Appartenant au pan romanesque de l’oeuvre de Beckett, Mercier et Camier ne jouit pas, à tort, de la reconnaissance de Malone meurt, Murphy ou Molloy. Certes, l’auteur a longtemps hésité avant d’autoriser la publication de ce texte écrit en 1943 : il ne paraît qu’en 1970 et reste considéré plus comme une étape dans la constitution d’une poétique beckettienne. Il s’agit pourtant de bien autre chose que d’une préfiguration d’une oeuvre à venir. Dans ce texte, les dialogues deviennent (...)
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Orphée aux Enfers
Maulpoix ou l’idéalisme lyrique

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Chutes de pluie fine (récits en prose ) et Le poète perplexe(essai sur la poésie ) donnent, sur deux plans différents, les valeurs esthétiques que depuis des années le poète illustre et dans lesquelles il se prend les pieds au nom d’un amphigourisme prétentieux. Notons ainsi, tirés du premier texte, ces quelques citations : « Pour voir enfin la Chine, il faudrait regarder la peau de la groseille et le ciel avec le même œil de fourmi ». Pour voir le Japon, il convient d’ « Être en vérité cet (...)
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Van Gogh, Lazare veni foras

par Céline Righi,


On pourra toujours tenter de fixer Van Gogh, de le circonscrire dans le cadre rassurant de ses toiles-quadrilatères : c’est peine perdue. L’homme est sans cesse remué, dans l’ailleurs en fusion d’une peinture magmatique.
Homme de l’entre-deux, homme-pont s’étirant, élastique.
Homme du creux, homme de la non-appartenance au monde et à lui-même.
Homme de la désincarnation, choisi pour ne pas être et pour composer une œuvre de lente décomposition.
L’univers hésitant fit (...)
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Passage

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Parce que les mots reviennent, finissent par revenir, prendre leur abandon en patience, ne pas les effaroucher lorsqu’ils avancent en chaussons ou en sabots, lorsqu’ils s’approchent en rampant, se tiennent là, interdits, puis se mettent à sourdre goutte à goutte, à couler, à déferler, à submerger. Rester à leur écoute, tout abandonner : ils ne font que passer, n’en font qu’à leur tête. Les saisir au vol avant que leur flash s’estompe et qu’ils détalent comme des mille pattes sur le (...)
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Rendue en poésie

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Lettre à une jeune écrivain.
TEMPS UN
Savons-nous seulement ce que nous avons à dire et même si nous écrivons avec le souci de dire quelque chose ? De toutes façons, ce que nous cherchons à atteindre se trouve toujours détourné et modifié par l’acte d’écrire qu’il nous faut accomplir pour l’atteindre. Le plus souvent on cherche ce qu’on ignore et le but de notre recherche, nous ne l’entrevoyons que confusément, dans la brusque déchirure d’une éclaircie qu’on peut nommer un instant de «  (...)
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Jean-Pierre Martin : de l’horreur à l’extase

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Pour parler de Jean-Pierre Martin, partir de là, utiliser ce détour : non évoquer le spécialiste de littérature contemporaine mais l’écrivain et plus particulièrement le nouvelliste. Celui du Piano d’Épictète. Il y a là un pianiste de bar passionné par le be-bop et les stoïciens, un lecteur fou qui reçoit dans sa boîte aux lettres des messages de ses écrivains chéris, un écrivain fasciné par l’art quotidien d’une cuisinière, un couple préhistorique qui assiste, de sa caverne, à la naissance (...)
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Trouer la langue

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Ces réflexions ont été inspirées par la lecture du dernier livre de l’écrivain Christian Prigent.
« Chaque ligne seule et les
lignes ensemble la
langue fond silencieuse
ment semant
l’ouvert. »
(Christian Prigent)
Le système poétique est un outil pratique : quoi de mieux afin, d’en son nom, surveiller et punir ? Quoi de mieux pour structurer une idéologie ? Cela vient de loin. « Dieu est vérité », nous enseignait déjà la Bible et à ce titre elle ne déroge aucunement de (...)
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Myrth, l’arme des poètes

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Myrth : Ce mot n’existe pas, il est un mélange de mth (nom donné à une variété de drosophile dont l’espérance de vie est supérieure à la normale), de mirth (joie) et de mythe.
De quoi nos vies portent-elles la trace ? De nos amours, de leurs blessures et de leurs joies ? Ne jettent-elles pas en fait l’ombre de notre Origine dont on ne fait qu’abattre ses cartes ? Bien sûr on peut biffer tout cela en ayant recours à la poésie, à sa prétendue musique et sa légèreté présumée insurpassable qui (...)
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Art de l’idée ou idée de l’art ?

par Jean-Paul Gavard-Perret,


Dans la peinture se manifeste toujours quelque chose du regard - regard du peintre bien sûr, mais aussi regard du voyeur que le peintre induit : "Tu veux regarder, vois donc ça", semble-t-il lui dire lorsqu’il donne en pâture non une image mais une manière de voir afin que le voyeur dépose son regard comme on pose des armes, qu’il entre de plein pied et de plein oeil dans le "leurre".
Bien sûr on peut y voir ce que Lacan nomma "l’effet pacifiant, apollinien de la peinture". Mais par delà (...)
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Pornographie, écriture prostitutionnelle

par Valérian Lallement,


La pornographie fut nommée à partir d’un point littéraire. Rétif de La Bretonne, le pornographos pionnier, est « l’écrivain qui, en 1769, a forgé le terme même du « nom demi barbare de PORNOGRAPHE » en le calquant sur les deux mots grecs (pornê, prostituée et graphein, écrire) » (Branko Aleksić, Revue Hermaphrodite, n°8, 2003). C’est dire que la pornographie, originellement, pose le problème de la représentation du sexe et du corps dans l’écriture.
La pornographie suit une double (...)
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Perversion : histoire d’un concept

par Axelle Felgine,


Dès le début, le mot perversion (du verbe latin pervertere, retourner, renverser) prend un sens péjoratif : il désigne un « retournement fâcheux ». La perversion est considérée, au XIXè siècle, comme une donnée congénitale qui touche les instincts et affecte le sens moral. La locution « perversion morale » est calquée sur celle de « folie mentale », traduction littérale de la locution anglaise « moral insanity ». Dès lors, il appartient au médecin de fournir un discours sur les perversions.  (...)
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Cioran, penser contre soi

La physiologie et la connaissance se rencontrent dans leur ambiguïté constitutive, de sorte qu’on n’est jamais plus présent à soi-même, plus solidaire avec soi que dans les instants de tristesse.

   Cioran et le déchirement du voile de maya

   Cioran et le mythe du Mauvais Démiurge

   Cioran, le plus paradoxal des post-nietzschéens (II)

   Cioran, le plus paradoxal des post-nietzschéens (I)




Pierre Guyotat, la littérature et la loi

La matérialité de la langue de Pierre Guyotat ne nomme plus, mais fait figurer les réactions du corps dans les structures mêmes de la langue. Une langue poétique, comme la rêvait Artaud, à « mi-chemin entre le geste et la pensée », « une parole d’avant les mots ».

   Babel heureuse
   La Langue nouvelle
   La Littérature et la loi
   Portrait : Pierre Guyotat

   Pierre Guyotat, « réaliste de l’imaginaire »




Pierre Klossowski, une écriture des perversions

Les perversions sont un moyen rusé du corps pour accéder à la parole. Dans "Les Lois de l’hospitalité" de Pierre Klossowski, le corps finit par divulguer l’inavouable. Il s’écrit et impose la complicité de celui qui le regarde, de celui qui le lit.

   Ecriture des perversions (I)

   Ecriture des perversions (IV)

   Ecriture des perversions (III)

   Ecriture des perversions (II)



 

 

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