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Babel heureuse

La littérature fait le choix de la matérialité contre l’idéalisme, celui d’un système économique, linguistique et symbolique fondé sur la prostitution contre le libéralisme, le libertinage ou la débauche. A partir de ce choix théorique, de cette contrainte que la littérature se fixe, c’est l’évacuation même de la possibilité de la représentation qui se joue.
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"Pas écrit, n’est pas ; écrit, n’est plus"
Jour 30 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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REPORTER LA PHRASE AU GESTE DE LA PREMIERE INSCRIPTION, produire une fiction qui représente un monde et qui, simultanément, indique l’origine de ce monde et celle de la langue qui le crée c’est aussi, comme l’écrit Roland Barthes à propos d’Eden , ajouter la phrase comme élément de la cosmogonie, c’est-à-dire comme élément d’un ordre qui vient soutenir ce monde qu’elle crée. Voilà qui indique assez que la tâche de la langue nouvelle ne consistera pas seulement dans la création d’un monde (la (...)
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La création - "Matérialité et Confusion"
Jour 29 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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UNE ŒUVRE QUI S’ECRIRAIT comme une monumentale digression sur les conditions de sa propre possibilité, qu’elle ne pourrait jamais clôturer qu’au risque de se perdre, et qui consisterait en même temps dans la représentation d’un monde (la fiction) qui ne pourrait subsister que tant que la langue elle-même se produirait, et avec elle ces conditions, à travers un cycle infini de reprises et d’arrêts de la narration, une telle œuvre, on le voit, produit dans le temps qu’elle s’écrit à la fois la (...)
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"Autre bouche, même scène, autre temps"
Jour 28 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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ON A VU A TRAVERS LES FORMES APPLIQUEES du mélange que la digression, en tant qu’elle un procédé de représentation dilatoire, et qui en empêche la clôture, contenait le principe de toutes ces formes - forme statique (description), forme dynamique (accumulation) et forme temporelle (simultanéité). On a vu aussi la différence entre la digression - qui a lieu dans la pratique textuelle combinatoire, et qui articule le mélange à l’origine de l’œuvre - et l’incidente - qui s’achève dans le texte (...)
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La confusion - les formes du Mélange
Jour 27 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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TOUTES LES FORMES ET LES PROCEDES du mélange qui articulent cette sortie de l’œuvre hors la légalité sont solidaires entre eux. Il forment le point structurant à partir duquel la langue va pouvoir s’épanouir. Solidarité qui ne doit pas faire oublier qu’il y a pourtant un avant et un après l’interdiction.
La langue de Tombeau, comme celle d’Eden, n’est pas encore celle de Prostitution ou de Progénitures - mais on peut dire, pourtant, qu’elles en contiennent déjà le projet théorique, que (...)
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La confusion - La positivité du mélange
Jour 26 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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DU MOMENT QUE LA LANGUE NOUVELLE s’écrit à partir de la punition, mais récusant d’avance toute réconciliation, on peut dire qu’elle ne se reconnaît ni innocente, ni coupable, mais qu’elle figure, qu’elle met en œuvre et qu’elle produit cette sortie hors la légalité - ce retour vers l’Eden linguistique - que la mise en prostitution de l’enfant avait pour objet de produire dans la fiction de la scène rejouée .
Historiquement, si l’on décompose la relation de l’œuvre de Pierre Guyotat et de la (...)
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La Transparence et la Faute : la Métaphore
Jour 25 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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DIRE QUE LA TRANSPARENCE DU LANGAGE adamique fût brisée à Babel c’est donc dire que la naissance du langage des hommes coïncide avec la séparation (des mots et des choses), la confusion (des langues) et la dispersion (des hommes sur la terre) - et que sa fonction, symétrique à la punition, sera de lier, de résorber et de réunir, c’est-à-dire d’effacer la trace de cette brisure.
L’immédiateté du langage d’avant la faute, qui est comme l’équivalent dynamique de sa transparence, suppose aussi (...)
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L’Eden - "Dieu dit"
Jour 24 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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« La tour de Babel. Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l’orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! » La brique leur servit de pierre et le bitume leur servi de mortier. Ils dirent : « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur (...)
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"Sous l’apparence de l’infinitude"
Jour 23 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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Introduction
Qu’une telle langue soit seulement possible, puisqu’elle a lieu, que la pratique consciente de l’écriture lui donne un lieu, pour incommensurable qu’il fût, voilà qui indique assez la mesure de la tâche de la littérature, et malgré que s’y lisent en même temps sa fin : c’est-à-dire sa démesure. Ce qui se joue, à la faveur de cette infinitude de l’œuvre, c’est l’histoire de la Création toute entière - création du monde et de la langue qui le crée -, et en même temps que (...)
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Texte sauvage
Jour 22 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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LA PRATIQUE COMBINATOIRE TEXTUELLE produit une accumulation de matériaux notationnels qui forme le substrat de l’oeuvre - et qui, originellement, jaillit sous la forme du texte sauvage. Substrat qui est à la fois le résultat de la pratique combinatoire et, à travers cette pratique, l’origine de l’œuvre. Il faut y insister, pratiquement, la combinaison des niveaux du texte produit le substrat, qui va lui-même produire, à la faveur d’une écriture qui se veut scientifique, l’œuvre. Le substrat (...)
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Le réel halluciné, le substrat
Jour 22 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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LA PRATIQUE COMBINATOIRE TEXTUELLE produit une accumulation de matériaux notationnels qui forme le substrat de l’oeuvre - et qui, originellement, jaillit sous la forme du texte sauvage. Substrat qui est à la fois le résultat de la pratique combinatoire et, à travers cette pratique, l’origine de l’œuvre. Il faut y insister, pratiquement, la combinaison des niveaux du texte produit le substrat, qui va lui-même produire, à la faveur d’une écriture qui se veut scientifique, l’œuvre. Le substrat (...)
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Confondre
Jour 21 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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PRATIQUE COMBINATOIRE QUI CORRESPOND, en amont, à une rupture de la linéarité du récit que suppose la représentation, et dont le texte savant portera la marque : « Allez ! Plus de souplesse vis à vis de la « digression » . Je n’ai pas eu d’ordre divin ou policier pour faire de la fiction en ligne droite » . L’œuvre ne s’écrira pas selon un plan, ce qui supposerait la prépondérance du texte théorique dans la combinatoire textuelle, et la reconnaissance rhétorique de la loi - c’est-à-dire (...)
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La naissance consciente à l’écriture
Jour 20 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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L’œuvre de Pierre Guyotat n’est pas seulement la relation d’une expérience, fût-elle supposée inavouable, irreprésentable ou innommable - relation qui aurait théoriquement réussi à s’extraire de la fonction représentatrice et morale du langage, ou qui l’aurait transformée - mais la tentative de représentation d’une expérience qui ne doit pas avoir eu lieu : ne doit pas avoir eu de lieu représentable - mais dont l’existence ne peut pourtant être discutée, puisque l’œuvre s’écrit, puisque la (...)
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La représentation - postures, interpellation -, donc le délit...
Jour 19 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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Le délit. Rupture de stock : plus qu’une pilule d’Xtenzion. Heureusement, brave Hollandais, il me reste une quinzaine de jours d’Herbal Dynamite : Ma Huang à 8% (333 mg) et Guarana (300 mg). Est-ce qu’une dose journalière de Nature’s Ultra Boost Super High Energy Blend me stimulera assez pour à la fois sortir du meurtre du père et envisager la mise en prostitution ? Ce meurtre, envisagé ou non, est une prison. Le perpétuer ou le questionner, c’est encore et toujours lui donné lieu. Vite, il me (...)
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Rendre présent
Jour 18 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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19-20 juin. « Marché de la Poésie », Place Saint-Sulpice. On me conseille un bronzage intégral. J’y songe le plus sérieusement du monde - et le fait de montrer mon cul ne serait pas pour me déplaire (j’adore ce mot ! « cul » ! « cu » ! il claque sous le palais comme une bonne fessée). J’y ai revu mon cheer aaami Philippe di Folco - vif, drôle, intelligent : mais quel est ton secret ? Pas de drogue, beaucoup de sexe ? L’exacte inverse, pour l’heure, de ma propre pratique ? Je me rattraperai. J’y (...)
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« Changer l’abstrait en concret, l’idée en geste etc. »
Jour 17 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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« Alors, le vieux mythe biblique se retourne, la confusion des langues n’est plus une punition, le sujet accède à la jouissance par la cohabitation des langages, qui travaillent côte à côte : le texte de plaisir, c’est Babel heureuse »
Roland Barthes, Le Plaisir du texte
On peut dire que tout acte de langage suppose deux phases. La première consiste dans le passage de la perception au langage, c’est la capacité de représentation. La seconde consiste dans le déploiement dialogique du (...)
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« Cette viand’ estampée sos cul amazoniaqu’ !.. »
Jour 31 - Babel heureuse
par
Valérian Lallement,
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A LA FOIS TERME ET PROMESSE de la confusion, représentation palliative qui inscrirait l’ouverture des possibles contre la clôture de la représentation, conclusion d’une série de détours que la digression et la périphrase empruntent, le néologisme figure, au lieu même où la métaphore s’abolit, la transparence ambivalente d’une matérialité de la langue. Il est paradoxalement le mot exact qui ne viendrait pas clôturer la représentation, qui ne viendrait pas se limiter dans un sens, mais qui (...)
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