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NOUVEAUTE !

Le terminal des anges

Le mardi 16 décembre 2008



Avril 1945 : six anges blonds meurent empoisonnés dans leur lit au fond d’un bunker berlinois. Magda Goebbels, six fois infanticide, entre dans l’Histoire.
Soixante ans plus tard, le sergent Minnelli découvre le corps inanimé d’un vagabond sur la plage de Venice, district de Los Angeles, Californie. Le fait divers est tristement banal, comme l’adieu de deux fiancés sur le quai d’une gare.
Mais quand ces deux fiancés se nomment Magda et Haïm, quand la future troisième dame du Reich se retrouve dans l’album de famille de Bèla, insouciante Israélienne de vingt ans ... le fait divers ne tarde pas à convoquer la plus improbable, et en tous points véridique, romance du XXe siècle.

Célébrant les noces de Berlin et de Jérusalem échouées à l’Ouest du monde, Le Terminal des Anges tient autant du conte mythologique que du mélodrame, du Magicien d’Oz que de Roméo et Juliette. Sarah Vajda tourne le dos à la repentance collective pour s’attacher à une galerie de destins aussi banals que tragiques, « conscients de n’être que les fantômes de très vieux morts qui, en eux, exigent de revivre ». La cité des Anges n’aura jamais aussi bien porté son nom.

Sarah Vajda est notamment l’auteur d’une biographie de Maurice Barrès (Flammarion) et de deux romans, Amnésie et Contamination, publiés aux éditions du Rocher.

La presse en parle

Le Magazine des livres - 67.1 ko
Le Magazine des livres

La Nef, n°19, déc. 2008 - 5.9 ko
La Nef, n°19, déc. 2008

Réforme, décembre 2008 - 37.4 ko
Réforme, décembre 2008

Revue Impur, janvier 2009 - 36.1 ko
Revue Impur, janvier 2009

Arnaud Bordes, Le Magazine des livres :

"Il y a certes, et des plus mélodramatiques, une intrigue : la découverte, la révélation, voire l’exhumation, sous les espèces d’une vague enquête policière, et un quart de siècle après, des amours (de la romance) de Magda, future frau Goebbels et grande dame du Troisième Reich, et du juif Haïm... Il y a aussi, et pas des moindres, lieu d’extrême-occident et d’agrégation de tous les kitsch, un décor : la plage de Venice, discrict de Los Angeles.
On le voit, grand est sans doute l’écart entre, si l’on peut dire, l’unité de temps et l’unité de lieu.
Or, c’est dans cet espace semble-t-il irréductible, dans cet antagonisme séminal, que se déploie le roman, sa magie, sa fascination.
C’est d’abord une décadence, ni fin-de-siècle ni symboliste, sans dandy ni artifices mais, comme l’eût dit Paul Bourget, en tant que principe de déséquilibre, où le récit laissera la place à la page ; où la page laissera la place à la phrase : pages chaque fois intenses qui, de fouiller, d’instruire les personnages, les situations, les psychologies, les ambiances, fonctionnent comme autant d’indépendantes cellules diégétiques et alentissent, mais n’y nuisent, l’action ; phrases d’un style baroque, rompu, ultra-expressif, qui mêle modernité, percutante et concise, tours et rhétorique classiques (qui ne sont pas sans rappeler le Grand Siècle, Saint-Simon, Guez de Balzac), et, épices aussi savoureuses que désinvoltes, termes étrangers, ici anglais.
C’est un lyrisme qui, moins que de s’échapper vers des altitudes désincarnées, cherche à émouvoir, trouve l’émotion, la vraie, l’évidente, celle qui touche nos âmes sentimentales, celle des transports amoureux, celle, romanesque et tuante dans sa banale fatalité, d’amants qui se séparent sur le quai d’une gare (en l’occurrence : « Les fiancés ne posent pas. Ils sont tristes à l’évidence, mais toujours sur le quai d’une gare, les amants... Amants ? »), celle de jeunes filles qui n’auront dansé qu’un seul été. Oui, il y a là, assumée, expressément, et d’un allant merveilleux, quête du cliché, du chromo - puis folles jonchées de fleurs bleues. Cependant, il ne s’agit pas de se méprendre, une telle distillation d’eau de rose cèle, sous une surface d’apparence étale, des tourments, une mélancolie définitive au profond de laquelle, peut-être, se contorsionne certain tædium vitae : « Du clan de ceux qui, de la vie n’attendant rien, savent n’en rien obtenir. »
C’est également une manière de recherche d’un temps perdu - temps certes défunt d’amours défuntes qui toutefois pourrait n’être jamais que la dissimulation et, finalement, la révélation, d’une histoire oubliée, d’une Histoire majuscule et secrète où coïnciderait des contraires, où se dessinerait un genre d’axe entre Israël et Allemagne. Le terminal des anges (interrogeons et ressassons ce titre) serait-il grand œuvre métahistorique ? Pourquoi non ? Convoquons encore cette intrigante plage de Venice, sise au bord du monde : les confins géographiques s’entendent souvent comme fin de l’Histoire.
Et tout cela est porté à incandescence dans le chapitre 15, « La mort de Magda », qu’on lira et relira : inoubliable clef de voûte de l’ensemble, un affolement de beauté(s), une convulsion moite et verglacée, éclaboussée d’une mièvrerie puante de douleur, d’où s’exhalent des relents d’éternité : « Je veux croire, je crois que Haïm du tréfonds de la mort vint chercher son amie. Fermé ou dégrafé la robe bleue élue pour être celle du suaire et l’a accompagnée et qu’ils se sont, en Purgatoire ou au jardin dernier, aimés comme ils en furent par mille bagatelles, empêché sur la terre. » Sarah Vajda, femme acérée et d’un pas pressé, aquiline et complètement érudite, balançant entre classicisme et quelque chose de rock, signe là, acidulé et tragique, un roman beau comme une exaltation, abyssal comme une méditation, irrémédiable comme une passion."

François Tranchant, La Nef :

« Que de grâce enfantine dans ce livre dont l’intensité dramatique est constante. Une grâce qui n’abandonne pas une page de ce roman d’exception. Le Terminal des Anges est bouleversant tant par son style nouveau et fascinant, un style bien enraciné dans l’histoire littéraire, en particulier celle du vingtième siècle. » Lire la suite.

Lire toute la chronique - 2.9 Mo
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Joël Schmidt, Réforme  :

"Avec Le terminal des anges, Sarah Vajda bousculera le lecteur, ne lui laissera pas l’attention en repos, en l’entraînant dans un roman qui commence sur une plage de Los Angeles, comme un polar, et nous conduit, par des voies diffractées, au cœur d’un personnage, Magda Goebbels, dont le premier amour fut...juif, eut un fils Harald avant qu’elle n’épouse le maître de la propagande du IIIe Reich. Sur ce Destin ahurissant en effet, mais vrai, Sarah Vajda construit une sorte de généalogie à la fois inventée, inversée et réelle qui nous plonge, par des chemins détournés où l’Histoire est comme brouillée tragiquement par son propre désordre, dans une intrigue dont la complexité n’est qu’une apparence, au cœur de personnages dont les virtualités sont objectives, pour aborder l’impossibilité de comprendre le XXe siècle qui conduit d’Auschwitz à Israël et fait de Magda Goebbels, de sa descendance, y compris de ses six enfants qu’elle a tués, une sorte de figure mythologique, assumant dans l’horreur et le crime ces invivables antinomies. L’intrigue du roman, en dépit des apparences qui nous piègent, nous ramène sans cesse à l’Allemagne dévoyée dans la superbe de ses atrocités. Stella, seule, ange peut être, semble, comme dans un roman janséniste, susceptible d’être sauvée par la grâce, elle qui apparaît comme une sorte d’étoile innocente dans un monde agité et inhumain. La contraction du roman qui soutient tous les contraires grotesques ou ineffables ne nous permet pas d’en dire davantage. Mais le style de Sarah Vajda, toujours passionnel, emporté par son élan jusqu’à se dépasser dans des métaphores dérangeantes, jusqu’à se personnaliser par l’intervention même de l’auteur, nous entraîne dans une sorte de nouvel Enfer dantesque dont chaque phrase, chaque épisode s’accrochent à nous, brûlants, comme des tuniques de Nessus."

P.S. Le Terminal des anges
SARAH VAJDA
éditions Le Mort-Qui-Trompe
204 pages - 16 euros