« Artaud mais aussi Beckett ne sont pas loin. [...] Avec un tel livre Adam ne mangera ni la pomme espérée, ni un quelconque fruit de la connaissance tant l’auteur dénude les fils grossiers qui nous excitent ou nous motivent en nous "drapant" si l’on peut dire d’illusions admises. Un tel ouvrage exclut le semblant, le faire reluire, le polish. Et l’auteur ne joue plus des clichés ou des racontars sur le sujet quitte à faire dresser les cheveux sur la tête de bien des lecteurs. [...] Le sexe croit avoir besoin de la procréation (dont souvent il se préserve) car il a besoin du regard de l’autre. Mais la procréation ne le regarde pas. Avec un tel livre les situations ainsi se renversent pour redonner à l’être au moins l’idée de sa liberté. Soudain elle n’est plus fiction de sa fiction et le corps devient bien plus qu’une idée autour de laquelle se crée généralement qu’un retour à la solitude déposée de toujours dans le corps, le corps guetté, entrevu mais qui une fois de plus se dérobe. L’auteur ranime ainsi de manière perverse les questions que l’on pose sans espoir. Il ferme les promesses d’un avenir programmé vers d’autres perspectives. Cela la folie de l’écriture lorsqu’elle accepte de nous engager dans les impasses nécessaires loin des poses et des illusions d’une proximité trop vite atteinte, lorsqu’on croit toucher l’origine fallacieuse d’un accomplissement "générique" ou génétique."
Extrait de la première critique du livre sous la plume de Jean-Paul GAVARD PERRET, à retrouver sur Plum’Art, n°85 - avril 2006.
« Vous aimez les enfants ? N’en faites jamais ! Fou littéraire, salué comme tel par André Blavier, l’auteur, très doué pour la satire impitoyable, semble le fruit des amours de Cioran avec Noël Godin dont il partage le goût prononcé pour les adverbes « gloupinesques ». Tragiquement drôle et drôlement tragique, sa charge héroïque contre les géniteurs est ponctuée de citations empruntées aux classiques, experts en lucidité. A lire toute affaire cessante ! »
Michel GRODENT, Le Soir, Belgique, 7 avril 2006
« Nous attirons votre attention sur quelques pamphlets joliment enlevés rentrant à cœur joie dans le chou des valeurs régnantes. [...] L’art de guillotiner les procréateurs de Théophile de Giraud (Le-Mort-Qui-Trompe, 28 rue Sellier F-54000 Nancy) : les temps sont décidément durs pour les punaises de sacristie car elles vont devoir désormais lapider également le blasphémateur déchaîné Théophile de Giraud dont les écrits antinatalistes sont magnétisés par une force de conviction aussi enjôleuse que truculente faisant penser aux manifestes cocassement diaboliques d’Ambrose Bierce et de Thomas de Quincey. »
Noël GODIN, Le Journal du Mardi, Belgique, 4 avril 2006