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Chroniques de l’inactuel
Le lundi 11 décembre 2006
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Après nous vivez
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« O vous frères humains qui après nous vivez, n’ayez les cœurs contre nous endurcis... » [1] Que pèsent les mots face à l’horreur ? « Rien, taisons nous », répondait à peu près Adorno. La fiction peut-elle s’emparer d’Auschwitz ? Il le faut, répond Didier Bazy en post-scriptum de son récit Après nous vivez dans lequel il « se risque à imaginer l’inimaginable ». Il le faut parce que, comme le langage, « cet événement appartient à tout le monde ». Quelques mots échappés de l’enfer, voilà qui contraste avec le pavé/vénement de la rentrée littéraire [2] : des mots griffonnés par un prisonnier ‘préposé’ au four, sur de minuscules papiers qu’il enterre aussitôt, avant de reprendre son quotidien cendreux. A.F. Didier Bazy, Après nous vivez Commandez ce livre sur REZOLIBRE. [1] Epitaphe de François Villon, « en forme de ballade. » [2] Rappelons que le récit de Didier Bazy a été écrit plusieurs mois avant la publication du roman de Jonathan Littell [3] Pour reprendre le titre d’un essai de Schmuel Trigano qui attaque le caractère exclusivement commémoratif de la « présence d’Auschwitz » dans la conscience européenne.
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